Masolo ya Mboka, une analyse de décryptage de l’actualité en RDC.

Migrants expulsés des États-Unis en RDC : une décision souveraine ou un pari risqué ? 

Par Daniel Mbanza, Politologue-Chercheur au Centre d’Études Politiques de l’Université de Kinshasa (CEP)


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Le 5 Avril 2026, une nouvelle a fait écho au sein de l’opinion publique internationale tout comme nationale, sur l’accueil des migrants en situation illégale expulsés des États-Unis par la République Démocratique du Congo ». Dans un long communiqué, le ministère de la communication et médias a assuré que cet accueil est temporaire, qu’il s’inscrit dans le respect de la souveraineté de la RDC, et des normes internationales en matière de protection de la dignité humaine et des droits des migrants. En plus de cela, ces migrants seront entièrement pris en charge par le trésor américain. 

Cette énième mesure fait partie de la nouvelle politique migratoire des Etats-Unis, qui a davantage durcit les normes en matière d’accueil des migrants et a accéléré leurs expulsions au cas où ils étaient en situation illégale, et ce depuis l’avènement du second mandat du Président Donald Trump. Bien que ces expulsions soient contestées par certains élus du congrès américain et une partie de la population américaine mais de plus en plus elles semblent tranquillement faire du chemin. Et la RDC, vient de s’ajouter dans la liste des Etats qui ont accepté d’accueillir ces migrants en situation illégale, à l’instar du Rwanda, de l’Estwatini, du Sud-Soudan, du  Ghana, du  Cameroun, du Salvador et de l’archipel du Palaos. 

Ce qui semble inquiétant dans le contexte de la RDC, c’est l’opportunité et la viabilité de cet accueil. Il faut souligner que l’histoire récente de la RDC a était secouée par l’accueil des réfugiés hutus rwandais victimes de l’oppression et des massacres du régime de Kigali, dont ce dernier accusait d’être à l’origine du génocide rwandais de 1994. A noter que la poursuite de ces réfugiés a eu comme conséquences l’instabilité persistante, des frictions entre les communautés locales et les assaillants, des incursions récurrentes de l’armée rwandaise et de ses proxys à l’est de la RDC. 

Si l’Etat congolais n’a pas tiré les leçons de cette épine dorsale de l’accueil des réfugiés rwandais, encore une fois de plus, celui-ci semble ouvrir la plaie du passé récent pire du déni de l’opinion publique en matière de décision qui l’engage. Ceci s’explique par la situation des réfugiés rwandais qui aujourd’hui est à la base des atrocités à l’Est de la RDC. Et peut faire de la RDC d’un foyer l’insécurité dans certains centres urbains de Kinshasa.

Au regard de ces irrégularités observées, il est impérieux que l’Etat congolais est appelé à prendre des mesures qui engagent son avenir et, étant un Etat démocratique, recourir à sa population sur les questions liées à sa survie.

 

2 réflexions sur “Masolo ya Mboka, une analyse de décryptage de l’actualité en RDC.”

  1. Patriarche Mutuza Mukunza

    MUTUZA MUKUNZA PATRIARCHE Maxim étudiant en sciences politiques et administratives à l’université de Kinshasa, passionné de la sécurité et la gouvernance, nous remercions pour la qualité de l’analyse sur ce débat presque national, Dans la suite de ces analyses, notre regard, en tant que jeune chercheur, se tourne vers un aspect, les relations affectives ou les naissances entre migrants et les kinoises ou kinois.
    En réalité, l’arrivée des migrants à Kinshasa ne concerne pas seulement la sécurité ou l’administration. Elle crée aussi des relations humaines. L’amour peut naître entre migrants et Congolais, surtout avec les femmes kinoises, et même dans les deux sens.
    Ces relations peuvent conduire à des unions mixtes et à la naissance d’enfants. Cela pose des questions importantes sur la nationalité, l’identité et les droits de ces enfants, qui peuvent revendiquer la nationalité congolaise selon la loi.
    Ainsi, le problème ne se limite pas à accueillir les migrants, mais touche aussi à la transformation de la société et de la population. Sans une politique démographique claire, cela peut créer des difficultés à long terme.
    Ce pourquoi chers scientifiques les autorités devraient prendre en charge cette autre dimension.
    Merci

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